PERIODE 1968-2004
L'incendie du Château


1968
L'incendie se déclare le 23 août 1968 et tout est "consumé" en deux jours.

de 1970 à 1972
Démolition des restes du château: on fait "table rase". L' Annexe était en parfait état et n'avait subi aucun dommage: elle est également rasée.

Robert Minet - Celles 2002
A travaillé à la démolition du château, de l'annexe, des garages et de la Tour du Rocher.

...ll Le chantier de démolition du Château d'Ardenne était à l'arrêt suite à la faillite du démolisseur "du nord du pays", Raymond Van der Elst (entrepreneur à Erembodegem): il avait entamé les travaux, pris tout ce qui avait de la valeur puis tout laissé à l'abandon.
Le régisseur Geelhand de Merksem nous a alors demandé de continuer la démolition. C'était en 1971.
Comme nous exploitions, à Celles, les carrières de sable réfractaire, nous disposions de tout le matériel nécessaire à ce type de travail, et nous étions également équipés pour le dynamitage; en effet, l'hiver, lorsque la terre réfractaire est gelée, il faut dynamiter pour pouvoir procéder à l'extraction car elle est dure comme du béton. Mon père était artificier et nous avions donc un dépôt de dynamite dans les règles!

Des tonnes de briques avaient déjà été récupérées ainsi que les consoles en pierre, les parquets, les grosses boules en pierre, les réverbères etc. Il ne restait donc que les murs très hauts, les tours, les cheminées. Nous avons donc dynamité tout cela en une fois et on s'est retrouvé avec une montagne de gravats de 5 à 6 mètres de hauteur, une bonne hauteur pour les grues. Il a fallu déblayer tout cela et nous en avons profité pour combler les trous des carrières.
Nous avons également dû démolir les voûtes de toutes les caves mises au jour, jusqu'à 30 cm de profondeur, puis les combler entièrement.
Je me souviens d'un endroit appelé "jardin français" avec des panneaux en mosaïque de 8 à 10 m de long sur 2 m de haut; il y avait 8 ou 12 panneaux, exactement pareils, numérotés (nous avions dû mettre de gros chiffres en rouge derrière chaque panneau).

Nous avons été obligés de les enterrer et de remettre de la terre arable dessus, pour le golf. Je certifie que ces pierres sont encore enterrées parce que c'est moi-même qui ai fait le travail. Et je connais l'endroit, c'était sur la gauche quand on est dos à la chapelle, derrière le château: il y avait là un creux dans lequel se trouvait le jardin français. Lorsqu'on a dynamité les dépendances du château (l'Annexe), il y avait deux pierres octogonales et coniques en même temps, creuses, d'un poids estimé à une tonne, qui se trouvaient au sommet des cheminées de ventilation. Lorsqu'elles sont tombées sur les gravats, une des deux pierres s'est cassée, l'autre est ici dans mon jardin. Je l'avais transportée et placée où elle est, juste avant de bâtir la maison: il serait impossible de la déplacer maintenant!

Le bulldozer qui l'a transportée peinait un petit peu alors qu'il était fait pour trimballer environ deux tonnes et demie. On serait certainement saisi du coût pour refaire une telle pierre actuellement, d'une telle perfection de taille. Elle est magnifique. En 1975 on a de nouveau sollicité nos services pour la démolition de la Tour du Rocher. Les murs avaient plus d'un mètre d'épaisseur et je me souviens avoir foré les trous, tous les deux mètres, à un peu plus de la moitié de l'épaisseur du mur. Chaque trou a reçu 250 g de TNT, un peu plus dans les coins. On avait fixé l'heure du dynamitage car certaines personnes avaient demandé à assister à la mise à mort! Nous avions déroulé un fil électrique d'une centaine de mètres (ce n'est pas beaucoup) et nous étions cachés derrière un gros chêne. Quand la Tour a sauté, elle s'est élevée d'un seul bloc à 2 ou 3 m, puis elle est retombée sur elle-même en formant un cône de gravats. Toutes les pierres et les gravats ont été poussés dans le ravin sur la gauche. Beaucoup de pierres ont servi plus tard à construire la maison des jeunes à Celles: il n'y avait pas de subsides à cette époque et on se débrouillait comme on pouvait. Avec l'accord du régisseur Geelhand de Merksem nous avons pu récupérer les pierres de la Tour du Rocher.

Il n'y a hélas pas de photos de la démolition: on ne passait pas son temps à cela à l'époque. Il n'y avait que nous dans la région pour faire ce genre de travail et tout a été décidé très vite et il fallait aller très vite. Nous avons aussi démoli les grands garages dont les toits étaient en ardoises, mais ils ne tenaient plus debout et il n'a fallu que quelques minutes pour tout mettre par terre.ll...

En 1975
Démolition de la "Tour du Rocher" qui était à l'abandon depuis 1945. Suivent les grands garages en 1976 (ils étaient pratiquement en ruine). La Flige, elle, avait été démolie en 1957.

1992
Le golf d'Ardenne retrouve ses 18 trous. Ce n'est qu'en 2000 que le golf d'Ardenne, le premier golf créé en Belgique, obtient le titre de Golf Royal. Il occupe aujourd'hui le terrain du Parc d'Ardenne, que lui loue la Donation Royale, et a installé son siège dans la Tour Léopold, seul vestige d'une fabuleuse époque rêvée par Léopold II.

  Vue depuis l'emplacement du château disparu.